J’ai un TED et je suis contacté(e) par un(e) journaliste pour témoigner par écrit dans un journal ou un média

 

1) Je suis interviewé(e) oralement. La (le) journaliste sélectionnera ce qui l'intéresse. L’article écrit ce fera sur cette base.

 

Les risques et les conséquences sociales :

 - Il peut arriver que les propos soient restitués de travers, voir inversés.

 - Les commentaires des lecteurs se font sur ce qu’ils lisent. Ils se feront dans ce cas une fausse opinion sur ce que j’ai voulu exprimer.

 - Un lecteur se fait une opinion en quelques secondes ou minutes. Il ne lira pas forcément les rectificatifs éventuels qui viendraient sur une autre édition. Ces rectificatifs sont hasardeux à obtenir : au bon vouloir des rédactions, ou par la Justice.

 - Un lecteur généralise facilement l’idée ou l’image qu’il se fait du texte qu’il lit vers l’idée ou l’image complète de la personne qui l’a signé.

 

2) Je suis interviewé(e) sous la forme » d’un témoignage écrit à envoyer à un(e) journaliste.

 

 - Dans la situation 1) comme en 2) : Il n’y a jamais d’urgence à témoigner pour un journaliste.

 -  La confiance accordée à un premier contact  n’est pas un fait suffisant pour accepter immédiatement.

 - Ce choix ne doit pas non plus être précipité par l’envie d’être publié.

 

 -  Mon choix doit reposer sur des garanties...

 

A) Qu’il s’agit bien d’un journaliste

 

Pour vérifier cela, au besoin, je me fais aider par une personne de confiance.

 

B) Que ces garanties soient écrites, datées, et signées concernant :

 

 a) Mon identité : que mon nom et prénom, ou mes initiales, ou un pseudonyme, ou l’anonymat que j’ai choisi ou non soit garanti par écrit.

Car s’exprimer en public peut avoir des conséquences positives ou négatives sur la façon dont je suis perçu par toutes mes connaissances, qu’elles soient intimes, familiales, amicales, ou professionnelles.

 Que mes informations personnelles ne seront transmises en aucun cas à d’autres contacts.

 Qu’il n’y aura pas d’ajout à ma signature concernant mon appartenance à une autre entité dite « morale » ou « juridique » comme une association, sauf si je m’exprime en son nom.

 

b) Que le contenu de ce que j’écris ne soit pas modifié : pas de changement sur le titre, pas de suppression de phrase ou de paragraphe, pas d’ajout: par exemple, quand le titreest changé, le lecteur aura aussi sa première impression de changée, car le titre défini le ton et l'orientation de l'article.

 

c) Que mon témoignage ne serve pas à autre chose qu’à une diffusion unique : par exemple qu’il ne serve pas à un autre média, ou qu’il ne soit pas réédité par le même média plusieurs mois ou années plus tard sans mon accord écrit.

 

Car avec ou sans T.ED, si nous sommes professionnels ou particuliers, le droit sur ce qu’on écrit est le même pour tous : c’est le Code de la propriété intellectuelle, l’Article L 111 :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006069414

 

 3) Les journalistes ne savent pas forcément ce que cela implique d’avoir un TED, un autisme. Il peut être utile de les informer pour améliorer la communication.

 

Par exemple, en fournissant dés le premier contact une fiche synthétique qui informe sur mes particularités :

 

-  Que je ne comprends pas les sous entendus et je n’imagine donc pas leurs conséquences possibles.

 

- Que j’ai (peut être) besoin de plus de temps et de conseils extérieurs, besoin d’une personne de confiance, un tiers pour concevoir et mesurer les conséquences sociales qui peuvent se produire vis-à-vis de ce que j’ai à exprimer en public.

 

- Que le caractère particulièrement vulnérable du au handicap est reconnu par la loi et renforce la culpabilité en cas d’abus.

 

- Que j’ai besoin d’être prévenu à l’avance afin être sollicité et que j’ai besoin de connaître les évènements de façon planifiée.

 

- Que je réagi et je travaille à mon rythme : s’il le (la) journaliste est pressée, c’est à lui ou à elle de s’adapter.

 

-  Que -----J’ajoute tout ce qui est important pour moi, et je supprime ou je modifie ce qui ne me correspond pas dans cette Fiche pratique:

-

Si je le souhaite je peux envoyer au (à la) journaliste une fiche pratique qui explique mes particularités: 

 

Vous êtes journaliste, vous recueillez et vous diffusez mon témoignage, et pour cela, nous allons échanger. Voici des informations qui peuvent nous aider à communiquer:

 

1) Ce qui est naturel, automatique, évident sur le plan social pour moi ne l'est pas pour vous:

 

  Je n'ai pas nécessairement conscience que s’exprimer en public peut avoir des conséquences positives ou négatives sur la façon dont  je suis perçu(e) par toutes mes connaissances, qu’elles soient intimes, familiales, amicales, ou professionnelles.

 

 Je ne comprend pas les sous entendus et je n’imagine donc pas leurs conséquences possibles. 

 

 J'ai plutôt une compréhension littérale du langage: les métaphores, les phrases ou expressions à double sens sont à éviter.

 

 2) J'ai des besoins particuliers dont il faut tenir compte:

 

J'aurai  besoin de plus de temps et de conseils extérieurs pour donner mon accord en toute connaissance de cause, éventuellement besoin d’une personne de confiance, d'un tiers pour concevoir et mesurer les conséquences sociales de mon témoignage sur ma vie et celle de mes proches.

 

 Je peux avoir besoin de faire un travail de tri préalable pour séparer ce qui me concerne directement dans le cadre attendu d'un témoignage individuel, et ce qui concerne les activités de mon entourage proche.

 

Je peux avoir besoin d’être prévenu à l’avance avant être sollicité(e), et besoin de connaître les évènements de façon planifiée.

 

Je réagis à mon rythme et j'ai besoin de davantage de temps pour m'adapter aux situations nouvelles: travailler dans l'urgence est exclu sauf si c'est moi qui en prend l'initiative.

 

J'atoute tout ce qui me parait utile et je supprime ce qui ne me convient pas dans cette fiche:

-

-

 

 3) Il existe cadre légal commun à toutes les personnes avec un T.E.D, un autisme:

 

Tous les T.E.D, comme l’autisme, sont reconnus comme des affections entraînant des handicaps: déficit dans les interactions sociales, la communication, et présence d'activités restreintes ou stéréotypées. (Définition*) Le Code pénal prend en compte « la particulière vulnérabilité » des personnes en situation de handicap (art.222-3). Ses oeuvres dont ses écrits restent en relation avec le:  Code de la propriété intellectuelle Article L 111 :http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006069414

 

 Définition* commune: issue du CIM 10 classification internationale renouvelée depuis 1988; O.M.S (Organisation Mondiale de Santé) recommandée par la Fédération Française de Psychiatrie dans ses Recommandations d'octobre 2005, utilisée par l'INSERM (expertises de 2003 et 2004) et le Comité National d'Ethique (Avis N° 42 de 1996 et N°107 de 2007), confirmée par la Haute Autorité de santé dans ses Recommandations de Janvier 2010 et Mars 2012)

 

Olivier Bousquet

Infirmier - Parent d'enfant avec autisme - 26 mars 2012

Limites de la fiche pratique:

Cette fiche est gratuite et n'est pas destinée à être commercialisée.

Elle présente une approche générale, elle n'est pas personnalisée. 

Elle ne remplace pas l'avis de votre Médecin ou de votre tuteur légal ou de la personne de votre choix.

Elle est conçue dans le cadre du rôle propre infirmier avec un objectif préventif pour favoriser la réussite de l'échange entre journaliste et public vivant avec un T.E.D, un Autisme.

 

 

 

 


Olivier Bousquet

Infirmier - Parent d’enfant avec autisme - 26 mars 2012

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