"Je ne fais plus de diagnostic"

http://www.magazine-declic.com/Marcel-Rufo-entretien-tiens-bon-980976.html

Marcel Ruffo, Pédopsychiatre 

"Je ne fais plus de diagnostic ; je m’occupe des individus, c’est plus efficace."(...)"surtout en pédopsychiatrie"

L'avis de ce médecin va à l'encontre de toutes les recommandations de bonnes pratiques connues sur le plan national et international convergentes sur la nécessité des diagnostics précoces, notamment concernant les Troubles Envahissants du Développement tel que l'Autisme:

Lire: L'Avis N°42 de 1996 et N°102 de 2007 du Comité National d'Ethique; Recommandations de la Fédération Française de Psychiatrie d'octobre 2005; Recommandations de la Haute Autorité de Santé du 8 mars 2012.

Sans diagnostic, aucune démarche n'est possible auprès de la Sécurité Sociale pour des soins exonérés, ou auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées(MDPH), aucune compensation financière n'est possible, aucune possibilité d'accès à un Plan Individuel de Scolarisation à l'Education Nationale qui doit passer par la M.D.P.H, impossibilité d'avoir une Assistante de Vie Scolaire, aucune possibilité d'accès pour mise sur liste d'attente dans des établissements spécialisés.

Mais également, aucune possibilité statistique de recensement pour prévoir les besoin de la population en terme de structures d’accueil et d'accompagnent. 

Aucune possibilité pour saisir précisément les besoins spécifiques des enfants et des adultes.

D'un point de vue pratique, nous sommes certains de créer bien davantage de problèmes en gardant la tête en niant ces réalités.

Là, nous serons ceratians que les parents auront besoin d'un "soutien" d'un spécialiste de l'affectif...nous serons sûrs de pouvoir débattre infiniment de la "souffrance" parentale et de leur adaptation à leur enfant.

Depuis 40 ans nous voyons bien quel est le résultat de la démarche consistant à préserver l'enfant d'une "étiquette".

J'ai entendu cela aussi, "il faut lui laisser sa chance"...oui...dans l'errance, celle qui nourrit la culture du mystère, celle qui anime la création d'un cortège de fantasmes médicaux, et influence ainsi les représentations de la population et des autres spécialités médicales.

Si vous êtes "psy", dit "patient psy", bien souvent vous serez dirigé directement vers l'hôpital psychiatrique ou vers le Centre Medico Psychologique quand vous aurez une plainte somatique* (du corps): vous êtes stigmatisé "différent" : l’éloignement sidéral qui existe entre la Psychiatrie et les repères des autres spécialités médicales maintient l’ignorance vis-à-vis de toute une population.

En conséquence, bien des professionnels de santé se font piéger et jettent trop vite l'éponge vers le psy de garde ou le psy extérieur. 
Ils ne sont pas formés pour interroger un patient avec des outils de communication adaptés, ignorés même par la plus part des Psychiatres et des Pédopsychiatres.

Ainsi se développent des complications inutiles, et des décès.

A quand une "étude longitudinale", mais cette fois ci pour préciser l'espérance de vie et les causes du décès dans toutes les tranches d'âge pour les personnes avec autisme ?

Sans diagnostic, cela ne sera pas possible, il ne peut pas exister d'étude épidémiologique.

Olivier Bousquet
Infirmier
Parent d'enfant avec un TED

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